Evolution de l’activité touristique dans les stations de montagne françaises.

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Résultats préliminaires d’une enquête d’Atout France sur l’Hexagone.

Le 19 janvier 2015, à Chambéry, une table ronde organisée dans le cadre des « Rencontres du Grand Ski » s’est intéressée aux clientèles des stations de ski de montagne en France. Luc Fournier, chargé de développement (Délégation Montagne, Atout France) a livré les premiers résultats d’une étude (CONTOURS / Atout France / DGE) menée sur un panel de grandes stations de montagne françaises entre 2008 et 2013.

Ces résultats préliminaires ont surtout traité d’un segment de clientèle incontournable pour le marché du ski actuel : celui des  familles et des jeunes. Ils intéresseront certainement les domaines skiables valaisans, confrontés à des difficultés similaires que celles vécues par nos amis – et concurrents - de France voisine.

Recul de la fréquentation des familles françaises / augmentation des familles à l’international

Tout d’abord, l’étude constate un fort recul de la fréquentation des familles françaises avec enfants. Ces familles produisent toutefois encore une nuitée sur deux dans les stations de montagne françaises, un poids somme toute considérable... Les segments de familles françaises qui résistent le mieux sont (1) les familles avec un haut revenu (> 6000 Euros/mois) et (2) les familles qui réservent leur logement de particulier à particulier ou qui occupent leur logement à titre gratuit. En revanche, le segment des familles qui compose 1/3 de la clientèle internationale est, lui, en augmentation.

 

figcaption: Source: paruvendu.fr

Recul de la « culture du ski » ?

Tout comme en Suisse, cette baisse de la fréquentation des familles pose le problème du renouvellement des skieurs en France. La Suisse essaie d’attirer les familles sur ses domaines skiables en pratiquant une politique de réduction de tarifs favorables aux familles et même la gratuité pour les enfants jusqu’à l’âge de 9 ans. Pour beaucoup, cette initiative helvétique n’a pas apporté les succès escomptés car les jeunes - l’avenir du ski alpin - « délaissent leurs lattes » malgré tous les efforts consentis. Cette stratégie pour recruter de nouveaux skieurs aurait donc échoué, constat alarmant d’une perte progressive de la « culture du ski » partout en Europe… Le problème du calendrier de vacances ne changerait donc rien au problème fondamental et non résolu de cette fameuse et tant attendue « relève » des jeunes.

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Une saison de ski de 3,5 mois en lieu et place des 5 mois traditionnels ?

L’étude montre également que les familles françaises délaissent le ski au printemps, période qui connaît la plus forte érosion, avec un recul de 73 % de journées-skieurs et de 66% en termes de chiffre d’affaires entre 2008 et 2013. La saison d’hiver tend donc à se raccourcir. Des 5 mois habituels, la saison se contracte de plus en plus et tend vers une période d’environ 3,5 mois.

Parmi la forte érosion de la clientèle constatée au mois d’avril, certains segments sont plus concernés que d’autres, par exemple les clientèles d’Île-de-France qui accusent un recul de 79 % de journées-skieurs sur la période des vacances de printemps entre 2008 et 2013 contre une moyenne de 65 % de recul pour les clientèles françaises dans leur ensemble. Bien sûr, la concurrence croissante des destinations urbaines et littorales au printemps, particulièrement au mois d’avril, constitue un facteur d’explication de taille. D’autres facteurs pourraient cependant influencer la fréquentation des domaines skiables en fin de saison, à l’instar des points ci-après :

  • L’augmentation des courts séjours en décembre seraient due aux comportements opportunistes de la clientèle de proximité. En effet, cette clientèle choisirait les « meilleurs moments » de l’offre, c’est-à-dire les périodes avec un enneigement optimal, une météo favorable, une faible densité sur les pistes et un meilleur rapport qualité-prix.
  • Le fait que la période janvier à mars offrirait les meilleures garanties d’enneigement et réduirait ainsi le risque de « manque de neige » pourrait influencer le comportement des clientèles de proximité.
  • Le renforcement de la commercialisation de Noël et de janvier sur les marchés étrangers seraient défavorables au marché du ski.
  • L’influence des médias qui focaliseraient leur attention sur la montagne en hiver et en début de saison, au détriment de la fin de saison, agirait comme facteur aggravant.

figcaption: Source: karellis.com

Offensive de communication : à quand une  opération « Printemps du ski » le 1er jour du printemps ?

Des participants à la table ronde ont émis la suggestion qu’une vraie offensive de communication ciblée sur le 1er jour de printemps, le 20 mars, mériterait d’être organisée. En effet, on ne devrait plus parler de « fin de saison », en raison de la connotation négative évidente du message. « Printemps du ski » serait bien plus judicieux. Une communication positive sur le ski doublée d’une offre élargie, voilà une campagne publicitaire qui aurait au moins le mérite de remonter le moral des troupes !